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| Jeudi 4 novembre 2004 |
| Étape 8 | Yako > Ouahigouya - 74 km |
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| Forza Burkina |
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 Très animée, la « mini-étape » du jour, avec seulement 74 km à parcourir, n’a pas épargné les coureurs, qui ont compensé par une débauche d’énergie inversement proportionnelle. Les trois équipes burkinabè, unies pour la bonne cause, n’ont pas hésité à maintenir un train élevé en tête de peloton pour éviter une attaque sérieuse à l’encontre de leur maillot jaune Abdul Wahab Sawadogo. C’est donc une arrivée au sprint qui a eu lieu à Ouahigouya, où Denis Flahaut a remporté sa deuxième étape du Tour et consolidé son maillot vert.
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Keita dans tous les coups
Sur un tracé aussi court, il fallait se précipiter pour provoquer une échappée digne de ce nom. Mais une grande majorité de coureurs ayant misé sur une attaque au long cours, c’est un peloton lancé comme un projectile qui a quitté Yako. Dès les premiers kilomètres, le peloton s’étire et les tentatives avortées se multiplient. Au kilomètre 12, un groupe de 8 s’extrait mais se réduit vite à 7, puis presque immédiatement à 6 avec la crevaison d’Olivier Keita. Pas grand-chose à regretter pour le leader sénégalais, puisque la jonction est opérée trois kilomètres plus loin.
Le Burkina contrôle
Une autre sortie, une fois encore orchestrée par Keita, qui aura bien mérité son maillot rouge de la combativité, échoue juste avant le sprint intermédiaire de Gourcy (km 27). Abdoulaye Thiam (Sen), Karel Pattyn (Bel), Michel Duvigneau ou Gunter Cuylits auront beau tenter leur chance deux par deux, les sorties sont interdites en ce jour. Les Burkinabè la jouent « tactique », protègent leur leader et condamnent toutes les échappées.
Flahaut consolide son maillot vert
Kris Heremans (Bel) et Fabrice Debrabant (Fra) se disent quand même qu’il faut essayer une dernière fois de s’enfuir, à la flamme rouge. En réalité, Debrabant est en mission commandée pour aller chercher le Belge et préparer l’arrivée massive pour le sprinteur de l’équipe de la Porte du Hainault. Stratégiquement, le plan fonctionne parfaitement. Denis Flahaut allume le détonateur, et la TNT qu’il a du mal à cacher dans ses cuisses le propulse sur la ligne avec une longueur d’avance sur Jorry Walgien (Hol) et Saïdou Rouamba (Bur), qui se contente une fois encore d’une place d’honneur.
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Stablinski, du Nord au Sud
Il fallait bien qu’il y vienne un jour au Burkina-Faso. Jean Stablinski, coureur de légende des années 50-60, avait déjà prévu de venir il y a un paquet d’années. Blessé, il avait dû laisser sa place dans une sélection qui partait pour une tournée en Afrique de l’Ouest en fin d’année 62. Le critérium de Ouagadougou, ce fut la dernière course de son copain Fausto Coppi, emporté à son retour par la malaria. Raphaël Geminiani, touché par le même mal mais mieux soigné par des médecins français beaucoup plus experts des maladies « exotiques » que leurs confrères italiens de l’époque, eut la chance d’en réchapper.
Alors dans la salle d’embarquement du Terminal 3 à Roissy, Stablinski semblait un peu ému à l’idée de s’envoler pour le pays ou Fausto a fait son dernier voyage. Mais il est au moins aussi impatient et assoiffé de découverte, tant sportive que touristique : « J’ai fait le tour du monde plusieurs fois, j’ai même couru en Inde. Mais je ne suis jamais allé en Afrique. Ce qui me plait aussi, c’est que les jeunes que j’emmène vont courir dans des conditions qui me parlent. Par exemple, on ne se servira pas d’oreillette, c’est une course comme je les aime, à l’ancienne », expliquait le champion du monde 1962 quelques heures avant de décoller.
Car c’est bien pour remplir un rôle de directeur sportif que Stablinski, 72 ans, arrive en Afrique avec six jeunes garçons de son coin. Des Nordistes pur jus, réunis dans l’équipe de la Porte du Hainaut, qui a pris forme il y a deux ans. A l’époque, quelques coureurs burkinabè avaient été invités au festival de l’eau de St-Amand-les-Eaux, l’occasion de lier contact et de prendre date pour un prochain Tour du Faso. Depuis le projet a mûri, les candidats ont été sélectionnés dans les différents clubs de l’agglomération : Yann Baefcop, Fabrice Debrabant, Julien Dely, Denis Flahaut, Michel Lelièvre et Pierre-Alian Leroux sont de la partie.
Voilà donc Jean Stablinski, celui qui a par le passé encadré Van Impe ou Bernard Hinault, à la tête d’une bande de jeunots, dans Ouaga. Immédiatement, le vainqueur du Tour d’Espagne 58 se sent comme chez lui, à fond dans le sujet. Après deux jours de course, il congédie même son chauffeur pour prendre lui-même le volant de la voiture de l’équipe : « c’est un bon conducteur mais ce n’est pas un pilote, il n’est pas habitué aux conditions de circulation dans une course cycliste, il faut être plus vif que cela », s’emporte Stablinski, qui n’est pas venu jusqu’ici pour que ses garçons fassent de la figuration.
Et manifestement ça marche. Avec ses astuces vielles comme le Tour 54, comme de mettre sous le casque de grandes feuilles de choux pour conserver la tête humide, Stablinski a convaincu. Les frictions de Synthol avant le départ, le thé préparé la veille et agrémenté de petites rondelles de citron dans les bidons : Jean s’occupe de tout. Total, l’équipe est classée deuxième du classement par équipes et le premier représentant, Michel Lelièvre, est 3ème au général, à 1’45’’ du leader burkinabè. Surtout, Denis Flahaut, le jeune sprinteur du groupe, « une petite bombe » selon l’expert, a remporté deux victoires d’étape, à Sikasso et Ouahigouya, ce qui lui autorise à voir la vie en vert jusqu’à la fin du Tour s’il garde intacte cette efficacité dans
les dernier mètres. Sur que l’ancien a encore quelques tuyaux à lui donner d’ici à Ouaga.
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