English Version
 
La course
 
Mercredi 27 octobre 2004
Étape 1 | Kokologo > Boromo - 136 km       Etape Suivante
 
Chevalier au panache
 
© Copyright A.S.O.Européen, africain ou asiatique, aucun coureur n'a semblé avantagé face à la chaleur particulièrement éprouvante sur cette étape inaugurale du 18ème Tour du Faso. Le léger retard au décollage de Kokologo, additionné à la longueur du parcours, ont condamné le peloton à une arrivée en plein cagnard, ce qui n'a pas empêché Pierre Chevalier de placer une attaque au panache dans les dix derniers kilomètres. Le quarantenaire de l'équipe franco-japonaise, toujours partant dans les principales attaques du jour, empoche du coup l'étape, le maillot jaune et le maillot vert. Derrière, le capitaine burkinabè Saïdou Rouamba, qui a pu compter sur la collaboration de ses compatriotes, remporte le sprint final.
 
Le film de l'étape
Sans les Camerounais
Bien que les organisateurs aient espéré jusqu'à la dernière minute l'arrivée de l'équipe du Cameroun, promenée d'aéroport en aéroport sans jamais arriver à Ouagadougou, le Tour du Faso a démarré avec finalement 15 équipes. Mais bien que l'une des nations les plus en vue du continent soit absente, les Africains ne ménagent pas leurs efforts pour dynamiter le peloton. La première attaque est à mettre au crédit d'un Burkinabè, Mahamadi Sawadogo, dont l'initiative au kilomètre 7 est rapidement réprimée par le peloton. Une autre tentative d'évasion, 3 kilomètres plus loin, mais cette fois en compagnie de l'Angolais Leonardo Z. Daniel, connaît le même sort.

Chevalier déjà dans le coup
© Copyright A.S.O.Au kilomètre 24, un trio formé de Lucien Zongo, Pierre Chevalier et Gunter Cuylits s'évade, résiste à la réaction du peloton et creuse un petit écart de 53'' au kilomètre 29. Bien qu'ils soient rejoints par A. Sawadogo, Fabrice Debrabant et Karel Pattyn, l'échappée continue de survivre à six. Déjà en forme, Chevalier rafle ses premiers points comptant pour le classement du maillot vert avec une deuxième place au sprint intermédiaire de Sabou (km 43). Mais le manque de collaboration pour la prise des relais ainsi que le réveil des Burkinabè sonnent la fin de la petite aventure. Un groupe de 19 coureurs opère la jonction avec la tête de course au kilomètre 95.

25 à 25 km
C'est donc un groupe de 25 coureurs qui mène cette première étape, avec en écart stable autour de deux minutes sur le reste du peloton.© Copyright A.S.O. L'équipe de l'AS Fadoul, formation numéro un des burkinabè, est largement représentée (4 coureurs) et peut aussi compter sur l'appui de 3 membres de la Sofitex pour aider le capitaine « universel », Saïdou Rouamba. Mais le groupe éclate finalement en deux à 25 kilomètres de l'arrivée, Pierrre Chevalier se retrouvant pour sa part avec son coéquipier Thierry David. A 10 km de la ligne, conscient des ses limites au sprint, Chevalier tente une sortie qui s'avère payante : à 5km, il a déjà 1'35'' d'avance. « Souffrant le calvaire dans les cinq derniers kilomètres », Pierre Chevalier, agent EDF dans le civil, continue de souffrir en silence et remporte la plus belle victoire de sa carrière. 1'33'' derrière, Saïdou Rouamba, pour son 16ème Tour du Faso, s'adjuge au sprint la deuxième place de l'étape.
 
Au cœur de l'Afrique

Parfois le hasard décide de montrer du doigt une évidence. C'était le cas hier, la cérémonie de présentation des équipes du 18ème Tour du Faso soulignant à merveille que Ouagadougou signifie peut-être quelque part « rencontre », « ouverture » ou encore « échange ». Il ne s'agissait pas seulement du coup d'envoi de la traditionnelle épreuve cycliste, mais bien du début d'une période de feu d'artifice culturel que s'apprête à vivre la capitale burkinabè. Pendant que les 89 coureurs du peloton sillonneront les routes du pays, Ouaga organise en effet le SIAO, Salon International d'Art de Ouagadougou (29 oct. - 7 nov.), rendez-vous biennal qui attire systématiquement plusieurs milliers d'amateurs. © Copyright A.S.O.Et moins d'un mois plus tard, la capitale se posera encore aux yeux du monde comme un carrefour de l'Afrique, à l'occasion du sommet de la francophonie qui se tient les 27 et 28 novembre.

Volontairement ou non, cet état d'esprit a imprégné le ton donné à ce Tour du Faso, ne serait-ce que par la composition du plateau réuni cette année. Un fameux concours de circonstances a par exemple donné l'idée aux organisateurs de participer à la création d'une équipe franco-japonaise, le Tour accueillant pour la première fois de son histoire, non pas un, mais trois cyclistes asiatiques. Le panachage étant à la mode, l'intégration du Burkinabè Issa Soudre dans la formation belge Vasco-Avia-Modemakers a également réjoui les spectateurs présents sur le parvis de la bien-nommée « Maison des Peuples ». Signe encore plus fort de cette ambiance de concorde, le Tour peut s'enthousiasmer du retour de l'équipe de Côte d'Ivoire, absente depuis trois ans, ainsi que de la première venue des Angolais, qui ont du composer avec les caprices des compagnies aériennes pour rejoindre le Burkina-Faso au dernier moment, dans la soirée.

Comme par magie, la programmation des animations était elle-aussi placée sous le signe de la diversité. © Copyright A.S.O.Entre les apparitions de la chanteuse Africa Love et du groupe de djembefolas « Les amis de Ouidi », les coureurs ont pu savourer la première innovation qui leur a été réservée cette année, avec trois défilés de mode de stylistes burkinabè. Ils montreront certainement moins d'inspiration sur les petits tronçons de pistes en latérite prévus sur trois étapes !

La volonté d'échange qui a été à l'origine de la collaboration entre ASO et le Tour du Faso, comme l'ont rappelé dans leurs interventions Jean-Claude Hérault, co-directeur général, et Toundoun Sessouma, Ministre des sports et des loisirs, pourrait trouver un prolongement sportif sur les routes. La distribution des cartes entre les équipes présentes et les progrès remarqués des cyclistes africains ont en tout cas bouleversé les certitudes dans le peloton. La posture faussement modeste que pouvaient adopter les favoris des équipes européennes par le passé a laissé place à une crainte réelle et fondée quant aux capacités des « locaux ». Et pourquoi pas une victoire finale d'un Burkinabè, attendue depuis 1997, sur la plus grande course à étapes d'Afrique ? Réponse le 7 novembre à Ouaga, si possible pas avant.
 
Classement général aux temps Pierre Chevalier
Classement général aux points Pierre Chevalier
Classement général des sprints intermédiaires
Classement général du  meilleur jeune
Classement général UEMOA
Classement du 1er africain
Classement général du plus combatif
 
 Étape
Individuel temps
Individuel points
Équipe
 
 Général
Individuel temps
Individuel points
Équipe
 
1 Mercredi 27 octobre 136 km 
 Kokologo > Boromo
2 Jeudi 28 octobre 74 km 
 Boromo > Houndé
3 Vendredi 29 octobre 121 km 
 Orodara > Sikasso
4 Samedi 30 octobre 96,5 km 
 Sikasso > Orodara
5 Dimanche 31 octobre 121 km 
 Bobo Dioulasso > Bobo Dioulasso
6 Lundi 1er novembre 156,5 km 
 Pa (Sabou) > Koudougou
R Mardi 2 novembre
 Ouagadougou
7 Mercredi 3 novembre 100,5 km 
 Ouagadougou > Yako
8 Jeudi 4 novembre 74 km 
 Yako > Ouahigouya
9 Vendredi 5 novembre 180 km 
 Gourcy > Ziniaré
10 Samedi 6 novembre 96 km 
 Linoghin > Pouytenga
11 Dimanche 7 novembre 85 km 
 Kombissiri > Ouagadougou
 Total 1240,5 km 

© Copyright A.S.O.