
Plumelec
197.5 km
samedi 5 juillet
Appelé à jouer les premiers rôles dans le Tour 2008, Alejandro Valverde n’a pas attendu pour s’installer en tête de la hiérarchie. Sur un final qui exige des qualités de puncheur, le leader espagnol, dont l’explosivité a déjà fait des ravages sur Liège-Bastogne-Liège cette année ou sur la Flèche Wallonne en 2006, s’est imposé sur le même modèle, avec une attaque décisive dans les trois cents derniers mètres. Auparavant, Valverde a pu compter sur l’aide de ses coéquipiers, qui ont dans un premier temps travaillé pour maintenir l’écart entre le peloton et les huit échappés du jour, puis qui l’ont placé dans une position idéale pour porter un coup fatal à Philippe Gilbert et à Kim Kirchen, respectivement 2ème et 3ème à Plumelec.
Jégou, premier attaquant du Tour 2008
C’est un coureur breton, Lilian Jégou qui lance le premier une offensive au troisième kilomètre du parcours. Il est immédiatement suivi par plusieurs candidats. Un groupe de huit coureurs se forme rapidement avec Ruben Perez (Esp - EUS), Jose-Luis Arrieta (Esp - ALM), Geoffroy Lequatre (Fra - AGR), Bjorn Schroder (All - MRM), Lilian Jégou ( Fra - FDJ), Thomas Voeckler (Fra - BTL), David De la Fuente (Esp - SDV) et Stéphane Augé (Fra - COF). Au passage au sommet la première côte, où Schröder dévoile ses ambitions pour la conquête du maillot à pois en devançant Voeckler sur la ligne, le groupe dispose d’une marge de 8’15’’ sur le peloton.
Poignet cassé pour Duclos-Lassalle
La mise en action progressive des équipes Caisse d’Epargne et Crédit Agricole réduit l’avance du groupe de tête, qui tombe sous la barre des cinq minutes. Pendant que les huit associés du jour continuent leur travail avec application et atteignent le ravitaillement avec 4’30’’ d’avance, le bilan intermédiaire est beaucoup moins réjouissant au ravitaillement pour Hervé Duclos-Lassalle. Il quitte son premier Tour de France avec un poignet fracturé, suite à une chute brutale causée par une musette.
190 km en tête pour Jégou et De la Fuente
A 40 kilomètres de l’arrivée, la situation est un peu plus compromise pour les attaquants du jour, dont l’avantage n’est plus que de 2’05’’. Sous la menace, les intérêts individuels prennent le pas sur la cohésion du groupe. Stéphane Augé est le premier à accélérer, à 35 km de la ligne, mais c’est un duo composé de Lilian Jégou et David de la Fuente qui poursuit l’aventure. Malgré l’énergie mobilisée, les deux associés de circonstance évoluent sous le contrôle du peloton : à 25 km de la ligne, l’écart tombe à 1’30’’, puis 30’’ à 15 km. C’est à 7 kilomètres de l’arrivée, après 190 kilomètres ensemble et une poignée de main chaleureuse, que De la Fuente et Jégou réintègrent le peloton.
A la manière belge
Une arrivĂ©e au sprint semble alors se dessiner dans le peloton, oĂą les Ă©quipiers des spĂ©cialistes de l’exercice s’emploient activement. C’est en rĂ©alitĂ© Ă un scĂ©nario digne d’une classique ardennaise qu’assistent les nombreux spectateurs. Après la première tentative, un peu trop osĂ©e, de Romain Feillu, Ă 1,5 km de la ligne, on ne voit d’ailleurs en tĂŞte que des hommes habituĂ©s Ă briller au printemps. Schumacher occupe un temps la « pole », mais il est repris par Kirchen, l’homme qui a vaincu le Mur de Huy cette annĂ©e. Un autre ancien vainqueur Ă Huy, adepte des accĂ©lĂ©rations brutales, surgit Ă 300 mètres de la ligne. Alejandro Valverde, qui fond sur Kirchen, remporte sa deuxième Ă©tape sur le Tour et endosse pour la première fois le maillot jaune.
Thomas Voeckler a décrocher la première place du classement de la montagne grâce à un duel sur la ligne avec Schröder, qui totalise comme lui 8 points.
"L’échappée n’aura pas servi à rien. Je suis forcément un peu déçu, car j’espérais un peu plus de cette échappée. Nous étions huit, avec un vent favorable, et si cela avait tergiversé un peu plus dans le peloton, nous aurions pu faire mieux car toute est possible dans cette situation. Je sais que c’est dans ce genre d’étapes que je peux essayer de gagner car je n’aurai pas ma chance dans les grands cols, et que plusieurs autres étapes seront verrouillées par les équipes des sprinteurs.
Maintenant je suis content de porter ce maillot Ă pois, mĂŞme si je sais qu’il sera difficile de le garder. J’ai dĂ» batailler avec Schröder pour l’avoir, et je savais qu’il avait une meilleure pointe de vitesse que moi. J’ai donc quand mĂŞme bien profitĂ© de cette bosse finale que je connais bien, pour le contrĂ´ler. »
Porteur du Maillot Jaune à l’issue de cette première étape, Alejandro Valverde a déjà une responsabilité à assumer sur la course.
« Sur cette Ă©tape je dois beaucoup Ă mes Ă©quipiers, et particulièrement Ă JosĂ© Ivan Gutierrez, qui passe son temps Ă me protĂ©ger. Il m’aide Ă Ă©viter les chutes, remonter le peloton en toute sĂ©curitĂ©, et ensuite Ă bien me placer dans le final. Je ne connaissais pas du tout cette arrivĂ©e, mais j’ai essayĂ© de calculer la distance et de bien regarder le terrain. Quand j’ai vu le dernier virage, Ă trois cents mètres de la ligne, je me suis dit que c’était le bon moment pour attaquer.
Ce Maillot Jaune reprĂ©sente beaucoup pour moi et pour mon Ă©quipe, bien sĂ»r. Je ne manquais pas de confiance avant aujourd’hui, mais il est certain que cette victoire m’en donne encore plus. Demain nous essaierons d’être devant et de dĂ©fendre ce maillot, bien sĂ»r. Mais nous verrons comment cela se passe, et l’essentiel, c’est avant tout de le porter Ă Paris. »
Le Breton a passé 190 kilomètres en tête de course, et a été distingué par le Prix Brandt de la combativité.
« C’était une Ă©tape sur laquelle on pouvait espĂ©rer la victoire, et qui valait bien sĂ»r le coup puisqu’il y avait le maillot jaune au bout. Sur les 50 derniers kilomètres, Ă©tant de Vannes, je roulais sur les routes que je connais par cĹ“ur, sur lesquelles je sors tout le temps Ă l’entraĂ®nement. Mais malheureusement ça ne suffit pas. Je retiens quand mĂŞme que j’ai passĂ© un très bon moment, parce que nous avons Ă©tĂ© Ă©normĂ©ment encouragĂ©s. De toute façon je ne regrette jamais d’avoir tentĂ© ma chance, et je sais aussi qu’il y aura d’autres Ă©tapes. »
1. Valverde
2. Gilbert
3. Pineau
4. Kirchen
5. Ricco
Alejandro Valverde a surgi dans les 250 derniers mètres pour doubler Kirchen, s’emparer de la première Ă©tape du Tour 2008 et donc du Maillot Jaune
Schumacher a été repris, mais Kirchen tente sa chance...
Stefan Schumacher a contre-attaqué, peut-être un peu trop tôt...
Le coureur d’Agritubel a attaquĂ©, mais il est repris sous la Flamme rouge...